News
Restitution par l’Atelier Boulnois du lit du roi Louis XVI et de son Impériale au château de Versailles
À l’occasion de la présentation officielle, le 13 avril 2026, de la restitution du lit de Louis XVI, le château de Versailles dévoile un chantier d’exception, à la confluence de la recherche historique et de l’excellence artisanale. Associé avec François Gilles et Julien Villeneuve, l’Atelier Boulnois a étroitement collaboré avec les conservateurs du château de Versailles pour redonner vie à ce lit, dans le cadre de la restauration de la chambre de l’appartement intérieur du Roi.
Car de ce lit royal, détruit pendant la Révolution française et élément central du quotidien du souverain, ne subsiste aujourd’hui qu’une source précieuse : le mémoire rédigé en 1775 par Pierre-Edme Babel, décrivant avec précision les ornements sculptés et les dimensions exactes du lit.
C’est dans cette absence matérielle que s’inscrit la restitution.
Ce lit, dans lequel Louis XVI dort de 1775 à 1789, offre un regard inédit sur l’intimité du roi au sein de l’appartement intérieur. La chambre sera accessible au public à partir du printemps 2026, en visite libre et en visite guidée : une occasion rare de découvrir l’aboutissement d’un projet de restauration globale de la pièce initié il y a quarante ans par le château de Versailles.
Fondé sur un travail approfondi d’étude et d’interprétation, le projet se révèle complexe : restituer non seulement une forme, mais un langage ornemental, une intention et l’esprit du XVIIIe siècle. À partir du mémoire de 1775, les artisans redonnent corps à un vocabulaire sculpté d’une extrême richesse, où chaque détail — enroulement, feuille, fleuron — participe à la composition d’ensemble. La dorure, réalisée à la feuille, a été spécifiquement confiée aux ateliers de restauration du château, témoignant de l’importance du projet pour l’établissement public de Versailles. 1 625 feuilles d’or recouvrent le lit et ses sculptures.
Entre rigueur scientifique et sensibilité du geste, la restitution devient ici un véritable acte de création : comprendre, interpréter, transmettre sans trahir ni figer. Elle engage un dialogue constant entre passé et présent, entre ce qui est documenté et réinventé.

