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Avec "ZEUGMA" Romain Bernini, en résidence à Fontevraud, fait résonner abbaye et musée d’Art moderne par plusieurs propositions inattendues et poétiques.

En liant des mots et des idées de nature différente, le "Zeugma 01" génère l’inattendu. Dans sa résidence artistique à Fontevraud, c’est l’artiste Romain Bernini qui fait le lien entre abbaye et musée, créant une alchimie subtile entre les œuvres exposées…
Dans le cadre de cette résidence artistique, intitulée "Zeugma O1", et sous le commissariat de Dominique Gagneux et Emmanuel Morin, l’idée est de jouer avec cette même logique d’assemblage et de juxtaposition. Dans ce projet, l’artiste invité sera ce lien. Il établira des connexions inédites entre l’Abbaye royale et le musée d’Art moderne de Fontevraud.
L’objectif n’est pas seulement de confronter les deux lieux, mais d’explorer des rapports inattendus, de créer une alchimie subtile entre les œuvres exposées. À travers les deux propositions, la résidence invite l’artiste à expérimenter de nouveaux modes de représentation, à redéfinir les relations entre les espaces, les formes et les idées.
Comment Romain Bernini a-t-il imaginé pouvoir lier les œuvres de la collection du musée aux ensembles architecturaux de Fontevraud ? La verticalité et la puissance du lieu imposent un rapport au sacré que l’on retrouve dans de nombreux objets du musée qui expriment diverses formes de spiritualité.
Bien que la déambulation dans ses salles soit horizontale, bien que toute hiérarchie entre les œuvres y soit abolie, l’artiste a vécu une expérience semblable à celle éprouvée dans l’abbaye, il y a perçu la même intensité et a distingué le même propos, celui d’une humanité qui doit gérer son rapport à l’intangible.
Pour l’artiste, la tentation est grande de montrer comment les bâtiments et les œuvres d’art éclairent notre propre relation à la transcendance, qui fait que l’on crée une peinture, un édifice, un chant.
À cette fin, Romain Bernini se sert des lieux comme d’un matériau de création ou d’un matériel iconographique : les images, l’architecture, les objets sont appréhendés, interprétés puis déplacés pour les faire entrer dans la peinture.
C’est à travers la référence directe, la mise en abîme ou la translation de certaines œuvres de la collection que la proposition de Romain Bernini exprime les liens possibles entre le musée et le site patrimonial qui ne se resserrent pas autour d’un récit linéaire mais, au contraire, favorisent l’émergence de narrations multiples autour de la recherche universelle du sacré.
L’exercice consiste également à intégrer à ce travail des éléments qui se trouvaient déjà dans son œuvre comme les arbres ou les yeux d’animaux, pour leur donner une dimension nouvelle.
Né en 1979, Romain Bernini vit et travaille à Paris. Il crée une œuvre picturale nourrie de réflexions sur la couleur, l’espace, les rites, la culture populaire, les arts extra-occidentaux. Qu’il s’agisse de paysages luxuriants et énigmatiques, de chamanes contemporains masqués ou grimés, d’animaux exotiques ou encore de zones étranges et indéterminées, les œuvres de Romain Bernini donnent à voir une marge du monde, la possibilité d’une extase ou d’un balancement entre le réel et l’utopie. Romain Bernini est représenté par la galerie Suzanne Tarasiève (Paris).