Actualité
Le MO.CO. Montpellier Contemporain explore le corps avec Kiki Smith et la monstruosité avec "À fleur de peau"
Au MO.CO. Montpellier Contemporain, une grande exposition monographique de Kiki Smith pour ses 40 ans de carrière artistique
Le MO.CO. offre, cet été, ses espaces à la grande artiste américaine Kiki Smith. Après avoir accueilli d'autres figures féminines majeures de l'art contemporain tel que Berlinde De Bruyckere, Huma Bhabha et Françoise Pétrovitch, nous célébrerons une création aux pratiques diverses, centrée autour de la question de l'être au monde - corps social, spirituel, animal et céleste.
Kiki Smith, artiste américaine née en Allemagne en 1954, développe depuis les années 1980 une pratique multidisciplinaire, mêlant sculptures, gravures, photographies, dessins, livres, tapisseries et objets divers. L'une des caractéristiques de ses œuvres est l'expérimentation par la diversité et le refus de toute forme de hiérarchie. Un sujet central reste le corps humain, souvent féminin, son anatomie, son empreinte, sa relation au vivant. Parfois inquiétant, altéré ou fragmenté, il apparaît aussi apaisé, rassembleur et point de rencontre d'énergies.
En parallèle de l’exposition dédiée à Kiki Smith, le MO.CO. Panacée présente une exposition collection « A fleur de peau » sur la monstruosité
Cet été, le MO.CO. Panacée organise une exposition collective explorant la monstruosité, les formes monstrueuses et mutantes dans l'art contemporain. Comme le disait Antonio Gramsci, nous vivons à une époque de monstres. Gramsci réfléchissait peut-être à l'interrègne, un moment d'entre-deux juridique et politique où la légalité est suspendue et qui, dans son cas, a précédé la montée du fascisme au XXe siècle. Notre présent ne semble pas non plus être à l'abri de ce que l'on ne saurait désigner comme autre que monstrueux, sans toutefois pouvoir lui donner plus de précision. Selon le tératologue Jeffrey Jerome Cohen, le monstre représente tout ce qu'une société tente de rejeter. Il est une erreur, une différence, une déviance, un excès.
Si ces qualificatifs se limitaient dans un premier temps à la monstruosité en tant qu'anomalie du développement biologique, sous un angle scientifique et médical, ils s'étendent désormais à la notion du monstre social : un être, une idée, qui reflètent l'état actuel d'une société et de son imaginaire. À travers près de quatre-vingt œuvres d'une vingtaine d'artistes, datant des années 1970 à nos jours, l'exposition À fleur de peau ne prétend pas diagnostiquer la monstruosité, mais elle plonge dans la boîte de Pandore afin de révéler que le monstrueux n'est souvent pas aussi loin que l'on pourrait l'imaginer. Il se trouve autant d'un côté de l'épiderme que de l'autre.






