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et la culture…
HUBERT LE GALL

Artiste designer

"Je sculpte la fonction pour ouvrir un monde imaginaire"
Artistes | Arts | Design
29.04.2026

© Studio Vanssay


Propos recueillis par
FRANÇOIS BLANC
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À l’occasion de son exposition Arbres de la forêt, vous connaissez notre âme, présentée par Cuturi Gallery au Palais-Royal puis prolongée à la Villa Noël, à Noves, Hubert Le Gall réunit mobilier, sculpture et art décoratif dans un univers inspiré par Victor Hugo.

Accompagnée par Kevin Cuturi et confiée au commissariat de Bruno Gaudichon, l’exposition révèle la richesse d’une œuvre où la fonction devient poétique, où l’humour dialogue avec la matière, et où chaque pièce témoigne d’une attention extrême portée au savoir-faire.

 

François Blanc : Comment définissez-vous aujourd’hui votre territoire de création, entre art, design et sculpture ?

Hubert Le Gall : Je n’ai jamais vraiment cherché à choisir entre ces mots. Ce qui m’intéresse, c’est l’objet lorsqu’il devient plus qu’un objet : lorsqu’il garde une fonction, mais qu’il ouvre aussi une porte vers l’imaginaire.

Kevin Cuturi a toujours regardé mon travail de cette manière, au-delà des catégories trop étroites. Avec cette exposition, et le regard de Bruno Gaudichon, il s’agit précisément de montrer cette liberté : un territoire où le mobilier peut devenir sculpture, où la sculpture peut rester habitée par l’usage.

 

FB : Que signifie pour vous le titre « Arbres de la forêt, vous connaissez notre âme » ?

Hubert Le Gall : Cette phrase de Victor Hugo me touche parce qu’elle donne une âme au paysage. Elle suggère une nature bienveillante qui nous parle et à travers elle les animaux qui l’habitent.

Pour cette exposition, j’avais envie de créer un monde sensible, presque pastoral, dans lequel les œuvres apparaissent comme des présences. Ce titre donne une clé poétique à l’ensemble, sans enfermer le visiteur dans une seule lecture.

 

FB : Pourquoi Victor Hugo s’est-il imposé comme point de départ de cette exposition ?

Hubert Le Gall : Victor Hugo a cette capacité de faire dialoguer le réel et le fantastique, la nature et l’âme humaine, le visible et l’invisible. Cette phrase correspond bien à ce que je cherche dans mes pièces : des formes lisibles, parfois familières, mais qui déplacent le regard.

Bruno Gaudichon a aussi su accompagner cette dimension littéraire et sensible, en donnant à l’exposition une cohérence de récit, sans en faire une démonstration.

 

FB : Quelle atmosphère souhaitez-vous créer à la galerie Cuturi, au Palais-Royal ?

Hubert Le Gall : Je voudrais créer une exposition très personnelle avec des œuvres très narratives. La galerie Cuturi, au Palais-Royal, est un espace intime, presque une capsule. Cela m’intéresse beaucoup : peu de pièces, mais très présentes, qui dialoguent entre elles.

Kevin Cuturi défend cette idée d’un lieu resserré, exigeant, où chaque œuvre compte. L’exposition doit donner le sentiment d’entrer dans un monde, mon monde intérieur, à la fois tendre et puissant, davantage que dans une simple présentation de mobilier ou de sculpture.

 

FB : Comment la forêt nourrit-elle votre imaginaire dans cette exposition ?

Hubert Le Gall : La forêt est un lieu de formes, de mystère, de souvenirs. Elle est à la fois concrète et mentale. On y trouve des branches, des ombres, des animaux, des clairières, mais aussi des peurs, des rêves, des histoires. Certaines pièces, comme mon banc Branche-neige, trouvent naturellement leur place dans cet imaginaire.

La nature n’est jamais copiée : elle est appropriée, transformée, réinventée, presque théâtralisée.

 

FB : Quelle place occupe encore la fonction dans vos pièces les plus sculpturales ?

Hubert Le Gall : La fonction reste essentielle, elle me rassure. Une lampe doit éclairer, une assise doit accueillir, une table doit pouvoir être utilisée. Mais cette fonction ne doit pas limiter l’imaginaire. Au contraire, elle lui donne un ancrage.

Une pièce comme Sunset, par exemple, est une bibliothèque, mais elle est aussi une image, un paysage, une sculpture. J’aime cette idée de « sculpter la fonction ».

 

FB : Comment choisissez-vous les matériaux qui donnent naissance à vos œuvres ?

Hubert Le Gall : Le matériau arrive parfois après le dessin, parfois avant. Il faut que la rencontre soit juste. Certaines pièces attendent longtemps avant de trouver leur matière. Le bronze, le bois, le verre, la céramique ou la broderie ne racontent pas la même chose.

Dans Offrandes célestes, par exemple, la relation entre la forme, la matière et le récit est essentielle : le cheval, les vases, l’ensemble de la composition créent une présence surréaliste.

 

FB : Quel rôle jouent les artisans et les savoir-faire dans votre processus de création ?

Hubert Le Gall : Ils jouent un rôle fondamental. Une idée n’existe vraiment que lorsqu’elle trouve sa forme juste. Les artisans apportent une précision, une intelligence de la matière, parfois même des solutions auxquelles je n’aurais pas pensé seul.

Leur savoir-faire ne vient pas simplement exécuter un dessin : il l’enrichit. C’est vrai pour le bronze, le verre, le bois, la céramique, mais aussi pour des pièces plus complexes comme Calendrier de verre ou certaines œuvres brodées.

 

FB : Comment l’humour entre-t-il dans vos formes, vos objets et vos récits ?

Hubert Le Gall : L’humour est une manière de créer une complicité. Il ne s’agit pas de faire rire, mais de susciter une émotion, en d’introduisant un léger décalage, une surprise, une liberté.

Lapin-Calin en est un bon exemple : l’œuvre peut sembler tendre, presque familière, mais elle déplace immédiatement notre rapport à l’assise et à l’objet. Cet humour évite la solennité. Il rend les œuvres plus vivantes.

 

FB : Que changera la présentation à la Villa Noël, à Noves, dans la perception de vos œuvres ?

Hubert Le Gall : La Villa Noël offrira un tout autre rapport aux pièces, offrant un cadre nouveau à mes œuvres. Au Palais-Royal, l’exposition sera concentrée. À Noves, les œuvres entreront en dialogue avec l’architecture. C’est un lieu très personnel, de travail, d’imagination, de création et de confrontation.

Dans cette architecture d’Armand Pellier, les sculptures pourront respirer autrement. Le prolongement de l’exposition permettra de passer d’une forêt mentale à une expérience plus physique de l’espace et du paysage.

 

Arbres de la forêt, vous connaissez notre âme

Du 28 mai au 26 septembre 2026
24 galerie de Montpensier, 75001, Paris

Prolongement du 15 juin au 1er août 2026
Villa Noël, au cœur du Domaine de Bournissac à Noves (Bouches-du-Rhône)

https://lower-set-860272.framer.app/fr/

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Comment Internet démultiplie une exposition 100% virtuelle ?
Médias
10 Octobre 2014 | 01:10

L'exposition 100% virtuelle ou la culture à portée de tous


Propos recueillis par
AURÉLIA BOURQUARD
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Développer une stratégie de marque est-elle devenue vitale pour les musées ?
Institutions | Marché
04 Juillet 2014 | 02:07

La Tate et le British Museum comptent parmi les institutions qui ont adopté la marque comme stratégie


Propos recueillis par
JULIE SAUCÈDE
Biographie >>>

D’après un article publié sur le site du quotidien The Guardian, les directeurs des musées ont aujourd’hui appris à considérer la notion de « marque » dans leur stratégie. Elle est maintenant perçue comme essentielle pour se distinguer. Mais il semble par ailleurs, que pour certains curateurs, la marque tend à alimenter le conformisme et le corporatisme.

En réalité, certaines institutions muséales telles que le British Museum, le Met ou bien encore le Prado ont toujours eu une forte identité et réputation, sans que l’on parle de stratégie de marque.

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Les Google Glass sont-elles un plus pour attirer le public vers les musées ?
Institutions | Marché | Médias
04 Juillet 2014 | 02:07

Les lunettes intelligentes Google Glass vont s’inviter dans la visite « augmentée » des musées.


Propos recueillis par
JULIE SAUCÈDE
Biographie >>>

Le projet Google Glass est un programme de recherche et développement lancé en 2014 par Google. Les Google Glass sont des lunettes affichant des informations issues d’Internet en surimpression de la vue classique (principe de la réalité augmentée).

Il n’en fallait pas plus pour que le monde des musées s’intéresse à ce projet alors même que la technologie des Google Glass est toujours en phase d’expérimentation.

Selon l’entreprise GuidiGo spécialisée dans les audio-guides et applications touristiques et muséales, ces lunettes d’un nouveau genre permettraient aux visiteurs d’avoir accès à plus de contenu en étant face à une œuvre.
Il serait dès lors possible de voir des détails que nous n’aurions pas remarqués ou tout simplement de zoomer sur l’œuvre pour en découvrir les moindres ...

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Comment les Relations Presse sont-elles devenues indispensables au monde de l’art ?
Institutions | Marché | Médias
16 Juin 2014 | 08:06

Dire sans être vu : quand la communication révolutionne le monde de l’art.


Propos recueillis par
MARIE DUFFOUR
Biographie >>>

Un article publié sur le site Gallerist du New York Observer il y a quelque temps avait attiré notre attention. Celui-ci souligne l'importance grandissante des relations presse dans le monde de l'art.

Il fut un temps où l'on n'y pensait pas. Puis où l'on osait pas. Maintenant, la question ne concerne plus la nécessité mais le choix de la stratégie de relations presse à adopter. La bonne communication n’est pas aussi visible qu’on le penserait, c’est une arme furtive. Elle est partout et nulle part à la fois. Elle doit s’immiscer dans les moindres recoins, être omniprésente tout en sachant se faire discrète.

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